Je frissonne en mille, j'ai des vertiges d'amour et de tendresse. J'étais chavirée par ces bouffées d'oxygène. Je suffoque presque, de tant en avoir reçu. Ces enfants. Retournée, ils m'ont retournée. De coups d'oeils timides, ils passent à des sauts, des rires, des joies dans les bras, des histoires, des "ça faisait longtemps", de l'Amour, raconter l'avion de Barbie, les puzzles, la robe de chambre, les chaussettes, l'école, la maternelle, les rires, écouter Papyrus miauler, et les écouter parler de lui. Des rires, ah ça oui, de l'air craché en pleine figure, déplissant peu à peu les alvéoles de mes poumons, empêchant par la même occasion l'étouffement et la noyade, redonnant un courage sans pareille, sans demi-mesure, pour la suite. Et quelle suite. Changer les verres à table (les grands ne prennent que des grands verres, vous comprenez), manger en sourire, manger en rire, dire merci au lieu de s'il te plait, jouer les mimi cracras, raconter encore des histoires, en mettre partout, mais se dire que c'est pas grave, lire une histoire, faire encore des puzzles, se raconter nos vies en un seul regard, s'apprendre l'amour et le manque en une seule enlaçade. Rêver, de ces moments encore longtemps, se dire qu'on voudrait rester là, à sourire toute la vie. Des baisers avant de dormir, mouillés, tendres, humides, doux. Des promesses d'un bientôt, des je t'aime qui chamboulent chacun de nos battements de coeur. Respirer encore cet air purifié. Et s'en aller.